Energie bleue Panorama des énergies marines

L'énergie des courants marins

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Après le soleil et le vent, il restait à exploiter la mer comme ressource inépuisable et propre. Parmi les énergies marines, l'hydrolien, l'exploitation des courants, est celle qui présente les qualités les plus recherchées par les gestionnaires de réseau.

Principe d'un adoucisseur d'eau

Une hydrolienne est une turbine immergée, entraînée par le courant, sur le même principe qu'une éolienne. Elle se pose sur le fond, se fixe sur un pieu, ou se suspend à une structure flottante.

La différence avec l'air est décisive : l'eau de mer est environ 800 fois plus dense. À vitesse de fluide comparable, la puissance récupérable par mètre carré de surface balayée est donc sans commune mesure. Une hydrolienne restitue, à taille de pale égale, bien davantage qu'une éolienne.

En contrepartie, les vitesses en jeu sont plus faibles et les efforts mécaniques considérables : les machines sont massives, et la corrosion, les salissures biologiques et la maintenance sous-marine sont les vraies difficultés.

Prédictibilité atout décisif

Les courants de marée dépendent de la position de la Lune et du Soleil et de la topographie des lieux. Ils sont donc calculables des années à l'avance, à la minute près.

C'est un avantage que ni l'éolien ni le solaire ne possèdent : un gestionnaire de réseau sait exactement quelle puissance sera disponible et quand. Cette prévisibilité vaut beaucoup dans un système électrique où l'équilibre doit être tenu en permanence.

Les courants côtiers ont deux autres atouts : ils sont accessibles, ce qui facilite la maintenance, et ils peuvent atteindre localement de fortes puissances.

Sites favorables à l'énergie bleue

Il faut un courant fort, au-delà de 2 à 3 mètres par seconde, une profondeur suffisante mais pas excessive, et une proximité du réseau électrique.

Ces conditions se réunissent dans les passages resserrés où la marée s'accélère : détroits, raz, passes entre îles et continent. La France dispose de plusieurs sites de ce type, parmi les meilleurs d'Europe, notamment au large du Cotentin et en Bretagne.

Où en est la technologie

L'hydrolien reste au stade des démonstrateurs et des premières fermes pilotes. Plusieurs machines ont été installées et raccordées en France et au Royaume-Uni, avec des résultats techniques encourageants et des difficultés industrielles réelles.

Trois obstacles expliquent la lenteur du déploiement. Le coût du kilowattheure, encore élevé faute d'effet de série. La maintenance sous-marine, qui suppose des navires spécialisés et des fenêtres météorologiques. Et la fiabilité des machines en milieu très contraint, où l'accès pour réparation est coûteux.

Les projets de fermes commerciales avancent néanmoins, et la filière parie sur la standardisation des machines pour faire baisser les coûts.

Effets des énergies marines sur le milieu

Les études conduites sur les démonstrateurs montrent des effets localisés : modification des courants à proximité immédiate, création d'un effet récif sur les structures, et risque de collision pour la faune mobile, qui apparaît faible mais reste surveillé.

Le bruit sous-marin en fonctionnement fait l'objet d'un suivi particulier, en raison de son incidence possible sur les mammifères marins.

L'emprise au sol marin est en revanche réduite, et l'absence de structure visible en surface évite les conflits d'usage paysagers que connaît l'éolien en mer.

Ne pas confondre

L'hydrolien n'est pas le marémoteur. Le marémoteur exploite la différence de niveau entre marée haute et marée basse au moyen d'un barrage, l'usine de la Rance en est l'exemple français, avec un impact considérable sur l'estuaire concerné.

L'hydrolien exploite la vitesse du courant, sans barrage, sans retenue, et avec une emprise sans rapport. Ce sont deux technologies, deux échelles et deux bilans environnementaux distincts.

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